Quand reviennent les âmes errantes de François Cheng

Dans la seconde moitié du troisième siècle avant notre ère, en Chine, disparaît peu à peu la dynastie des Zhou.  Des « royaumes combattants » voient le jour.  Les forts dévorent les faibles.  Les seigneurs  se livrent des guerres sans fin.

Fille de pauvres paysans  et vendue à des aubergistes, Chun-niang ( Dame Printemps) est obligée de travailler dès son plus jeune âge.   Au bout de quelques années,  la vie va lui permettre de rencontrer deux personnages hors du commun.  D’ abord, Gao Jian-li,  un musicien qui joue du zhou et est doté d’un talent prodigieux.  En effet, sa musique décrit la beauté de la nature et ses trésors cachés.  Ensuite, notre héroïne va se lier d’amitié avec  Jing Ko, un mercenaire redresseur de torts et initié à l’art de l’épée.

Toutefois, nul ne peut échapper à son destin.  La grande Histoire va rattraper ces trois amis et les utiliser comme des pions sur son échiquier.

En effet, remarquée pour sa grâce et sa beauté, Chun-niang  devient la concubine du roi et est arrachée à ses proches.

Cruel  et féroce, le roi Zheng des Qin menace d’envahir le royaume des Yan, dirigé par le prince Dan. Celui-ci se résout à faire appel à Jing Ko pour attenter à la vie de Zheng.

Nos héros savent que cette aventure est sans retour.  Mais au-delà  des corps séparés,  ils se promettent de se retrouver. En effet, les âmes liées se rejoignent toujours.

En partant de faits authentiques, François Cheng nous plonge dans  une des pages les plus noires de la « terre du Milieu ». Tout empreint de poésie et de philosophie, l’auteur nous démontre  à nouveau  l’étendue de son talent et l’originalité de sa plume.  Ce roman constitue un ravissement pour nos sens.  Les mots se muent en notes et les phrases deviennent des chants pour les âmes liées d’amour et d’amitié.

Editeur : Albin Michel

Prix 14 euros

Biographie

Issu d’une famille de lettrés après des études à l université de Nankin François Cheng arrive à Paris avec ses parents en en 1948 lorsque son père obtient un poste à l’Unesco. Alors que sa famille émigre aux Etats- unis en 1949 en raison de la guerre civile chinoise, il décide de s’installer définitivement en France, motivé par sa passion pour la culture française. Il se consacre à l’étude de la langue et de la littérature françaises.

Il se lance aussi dans des traductions en chinois de poèmes français puis celles de poèmes chinois en français. Tout d’abord, il publie de la poésie en chinois à Taiwan et à Hong Kong. Ce n’est que tardivement (en 1977) qu’il commence à écrire en français, sur la pensée et la peinture.

Rédaction : Davis Robert