Le Laos de Cécile

Photo Cécile Purnode

Deux mois de?ja? au Laos (you Lao PDR duan song leo)

Paksé, 28 octobre 2010

En deux mois, je n’ai pas encore vu beaucoup de pays mais j’ai pu vivre au contact de nos responsables de programmes, des enfants parraine?s par les parrains Enfants du Me?kong, des jeunes Laos entrant dans la vie active et aussi des falangs (Franc?ais et par extension un occidental) de passage ou installe?s ici. De tre?s belles rencontres, en franc?ais, en anglais et un tout petit peu (pour le moment) en lao !

Comme tout Bambou commenc?ant sa mission dans un des pays du Sud-Est asiatique ou? « Enfants du Me?kong » est actif, j’ai ve?cu une pe?riode de ‘tuilage’. Il s’agit d’une pe?riode d’une a? deux semaines ou? le/les Bambous sur place l’anne?e pre?ce?dente accueillent, expliquent, introduisent la mission, avec l’aide des responsables locaux, aux nouveaux volontaires. Alice et Christophe et nous (Constance, Armand et moi) avons offert un tuilage – certes au rythme plus que soutenu- riche en rencontres et en apprentissages. 7 jours de voyage du Nord au Sud, partant de Vientiane en passant par Paksan, Thakhek, Savannaketh, pour terminer a? Pakse?, ‘ma ville’ ! Partout, et particulie?rement dans les petits villages tre?s pauvres, nous avons rec?u un accueil merveilleux, avec de nombreux ‘baci ’ (fête traditionnelle) – moments de grandes e?motions – et repas de fe?te !

Photo Cécile Purnode

Pakse?, compare?e a? Vientiane, est un grand village. Il y fait bon d’y vivre. J’y ai d’abord ve?cu 1 mois au sein d’un foyer de jeunes filles parraine?es par « Enfants du Me?kong », celui des Sœurs de la Charite? de Pakse?. Un rythme et des horaires plus que soutenus. J’ai co?toye? ces jeunes filleules soutenues par des parrains franc?ais, belges, allemands, …

 Ces parrainages permettent de couvrir leurs frais de scolarite?, d’habillement, de nourriture, de me?dicaments et parfois de petits supple?ments de leur parrain leur offriront un ve?lo pour aller a? l’e?cole ou autre chose pour leur anniversaire ou encore pour aider leur famille vraiment dans le besoin.

Les enfants en foyer y restent toute l’anne?e car leur village est trop e?loigne? de Pakse? ou? se trouvent les e?coles primaires, secondaires, supe?rieurs ainsi que l’universite? de Champasak. Ces enfants ont la chance d’e?tre he?berge?s gratuitement et d’e?tre encadre?s par des responsables qui les e?duquent et leur enseignent la rigueur, le respect et la vie chre?tienne. Tous ne peuvent malheureusement pas inte?gre?s un foyer car les places y sont limite?es. Ils sont bien me?ritants ces enfants qui marchent ou vont a? ve?lo a? l’e?cole a? des km de chez eux. Nous sommes tellement heureux a? « Enfants du Me?kong » que ces enfants soient motive?s d’apprendre et que leurs parents le comprennent et les laissent aller jusqu’au bout de leur cursus ! C’est ainsi qu’ils trouveront un me?tier et participeront au de?veloppement de leur pays, le Laos.

Apre?s 1 mois au foyer, gra?ce a? l’aide de contacts locaux hyper de?voue?s, j’ai pu trouver un chouette logement en location. D’une chambre confine?e, dans une maison pleine de vie et de bruits, entoure?es de 22 jeunes filles, je suis seule dans une petite maison a? Suan Sa Vanh, a? 2km du centre, au milieu de la verdure. Changement radical. Mais bien su?r, mon emploi du temps reste inchange? bien qu’e?voluant chaque jour: visite des programmes de parrainage a? Pakse? mais aussi dans les villages alentours ainsi que dans les villes de Savannaketh et Thakhek situe?es plus au Nord.

Photo Cécile Purnode

Ahh parlons de ces incroyables et interminable trajets en bus -car ici pas de train- vers ces deux tre?s jolies villes, elles aussi situe?es en bord de Me?kong. L’on s’entasse dans un bus, tout comme les sacs de riz a? nos pieds, les poules ou encore la moto hisse?e sur le toit et, pendant 5h, 7h, 9h, la musique karaoke? a? la TV a? fond, quelques arre?ts pipi a? bien repe?rer et, de?s l’arre?t, des vendeuses de toutes sortes montant a? bord. Brochettes de poulet, abats ou scarabe?s grille?s, riz gluant, ga?teaux de riz, boissons, œufs ‘matures’,… Un vrai spectacle ! En plus d’e?tre surcharge?s, ils sont ve?tustes et sales. Mais ‘bo pen nyang’, comme on vous dit ici minimum 10 fois par jour !

Les bus locaux partent toujours tip-top a? l’heure. Tous empruntent LA route, la Route 13, qui traverse tout le pays, et toute la ville de Pakse?, du nord au sud. Route rectiligne facile a? suivre mais attention aux vaches !!! Elles sont en liberte? et se baladent nonchalamment sur la route. Mais le bus, me?me s’il est pourri, sans essuie-glaces, aux parois troue?es, a toujours un tre?s bon klaxon !

Il fera de?guerpir les vaches et appellera, de?s l’entre?e dans un village, les inte?resse?s au voyage. Le bus s’arre?tera pour prendre des passagers ou des chargements n’importe ou?. Tout rentrera toujours dans ou sur le bus. De mini tabourets en plastique sont installe?s dans l’alle?e et une fois tous les sie?ges occupe?s, les nouveaux arrivants s’installeront sur ceux-ci. Tout le monde mange tout le temps et jette ses de?chets soit par la fene?tre soit par terre. Et, on ne sait jamais a? 1h ou 2 heures pre?s le timing d’arrive?e car outre ses arre?ts fre?quents, le chauffeur aura peut-e?tre envie de s’arre?ter pour de?jeuner ou encore pour re?parer une panne.

Photo Cécile Purnode

Mais il existe aussi les bus de nuit VIP, et la?, la de?couverte est tout autre : tout est clean (en ge?ne?ral) et les couchettes sont a? la taille asiatique. 8h de trajet de Pakse? a? Vientiane : la 1re fois c’est un peu long, surtout coince?e a? co?te? d’une dame a?ge?e n’arre?tant pas de gigoter. La deuxie?me, Vientiane-Pakse?, j’aurai plus de chance, moins de monde et donc une couchette de deux personnes pour moi seule, quel luxe ! L’arrive?e a? Pakse? a? 6h du matin, au moment ou? les bonzes demandent l’aumo?ne dans les rues, dans un calme serein sans un bruit de mobylette, est tre?s impressionnante.

Et la vie de tous les jours du Bambou au de?but, c’est outre ces superbes rencontres humaines avec les enfants et les responsables de programmes : la de?couverte des milliers de kip (la monnaie lao) et dans une moindre mesure des bath (la monnaie thai?). Apprendre a? jongler avec les conversions.

C’est aussi la de?couverte du marche?, des e?normes marche?s couverts ou? l’on trouve absolument tout ! Les le?gumes et les fruits donnent envie ; la viande, on oublie… Le nombre de piqu?res de moustiques par jour, malgre? les re?pulsifs en tout genre, accompagne?es des piqu?res de fourmis rouges. Pour le reste, la vie en tongs est pluto?t agre?able, surtout qu’on les enle?ve ou? que l’on rentre.

Photo Cécile Purnode

Photo Cécile Purnode

Que ce soit dans les villages en bord de route ou dans les villes, il y a une e?choppe devant presque chaque maison; chacun a quelque chose a? vendre : des boissons, des chips, des bananes frites, des cacahue?tes, des brochettes de poisson grille?, de poulet grille?, un plat pre?pare? sur le ‘pot’ a? charbon , du riz gluant, des sandwichs au pa?te? lao et le?gumes ou autre feu (soupe chinoise avec nouilles, viandes, herbes aromatiques)… Et puis, c’est la joie de de?couvrir des stands de baguettes de pain partout dans les villes ! Un petit-de?jeuner avec du pain, c’est de?ja? un des 3 repas sans riz 😉

Et n’oublions pas ‘la Vache qui rit’, le must selon les Laos pour un falang qui ne peut vivre sans sa baguette et son fromage ! Cliche? quand tu nous tiens …

Mais revenons-en aux visites de programmes, le cœur de notre mission. La visite des villages, au bout de pistes en terre rouge pleines de trous et gorge?es d’eau, au milieu de la ve?ge?tation luxuriante, sera un e?merveillement fabuleux. Les gens se font discrets mais les enfants viennent regarder ce qui se passe, accompagne?s des vaches, cochons, canards et autres poules. L’authenticite? y est belle, la pauvrete? souvent criante. Le manque de riz par de mauvaises re?coltes, son prix ne cessant de?s lors d’augmenter, la culture de l’he?ve?a rasant la fore?t et du coup nombre de ressources alimentaires comple?mentaires, les enfants devant aider a? gagner de l’argent et partant pour la Thai?lande : voici autant de re?alite?s des villageois lao luttant pour survivre.

Que veut dire la se?curite? ou pluto?t l’inse?curite? routie?re ? La circulation en ville, ce sont des centaines de mobylettes, de tuk-tuk, de samlo et autre songthew. Personne ne se de?place a? pieds a? Pakse?, a? part moi ! Pas un trottoir et si, par miracle, il y en a un, il sert a? installer son e?choppe ou sa voiture. Bref, le pie?ton marche sur la rue et c’est prendre beaucoup de risques. De me?me que d’essayer de traverser une rue, me?me s’il y a un passage pour pie?tons dessine? sur le sol. La priorite?, ce sont les mobylettes qui l’ont. Ensuite, ce sont les voitures puis les pie?tons. Alors, apre?s un moment, on se met naturellement a? la moto ! A chaque carrefour avec feux, il y a un abri ou? se tiennent en permanence de 2 a? 4 policiers. Au cas ou? quelqu’un bru?le le feu, ils le poursuivent et la paix se monnaie.

Voici pour les premiers re?cits de cette expe?rience merveilleuse. Je voudrais dire un tout grand merci aux personnes qui m’ont de?ja? soutenue et dire a? celles qui voudraient encore le faire qu’il est encore temps! Je vous envoie une belle fleur de frangipanier, symbole du Laos, au parfum envoutant.

Photo Cécile Purnode

Ce?cile

http://www.enfantsdumekong.be/2010/12/une-bambou-belge-au-laos-des-nouvelles.html#!/2010/12/une-bambou-belge-au-laos-des-nouvelles.html

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