«Les tendres plaintes» de Ogawa Yoko

Yoko Ogawa – les Tendres Plaintes

Biographie de Yôko Ogawa

 

A 13 ans, Yôko Ogawa lit ‘Le Journal d’Anne Frank‘. Elle découvre que des mots ordinaires, quotidiens, portent en eux une force de libération inouïe. Avec ce livre, elle rencontre les mots et la cruauté, de l’Holocauste ou d’Hiroshima.

Depuis, elle écrit des livres sensuels et menaçants, de lentes déflagrations où l’initiation à la sexualité, à la mort, au sacré se ritualise dans la confrontation.

Remarquée dès son premier roman, pour lequel elle obtient en 1988 le prix Kaien, la renommée de Yôko Ogawa ne cesse de croître, et, en 1991, elle remporte le prestigieux prix Akutagawa pour ‘La Grossesse‘.

En français, plusieurs de ses textes sont disponibles chez Actes Sud, parmi lesquels ‘Parfum de glace‘ ou ‘Cristallisation secrète‘.

Ecrivain de la transgression calme, de l’attirance pour l’eau et les rêves, de la fascination pour les anomalies physiques et mentales, Yôko Ogawa écrit au calme, et aime à s’inspirer de la façon de sculpter d’un rien des histoires de gens à la manière de Paul Auster, Kawabata ou Murakami.

En 2007, deux nouveaux recueils de ses nouvelles, ‘Les Paupières‘ et ‘La Bénédiction inattendue‘ trouvent le chemin des étals des librairies.

Grâce à une oeuvre prolifique et riche, Yôko Ogawa est devenue l’une des romancières contemporaines les plus considérées.

La narratrice Ruriko vient apaiser ses peines dans un chalet familial au cœur de la forêt.

Elle est calligraphe et profite de ce moment de repos pour terminer la biographie d’une vieille dame. Lors d’une nuit de tempête, elle fait la connaissance de  ses voisins à savoir Nitta,  facteur de clavecins  et son assistante, Kaoru.Le silence de Nitta  intrigue et charme Ruriko.

Il s’installe  alors  un huis clos  entre ces trois personnages  touchés par un passé sentimental douloureux. Ruriko a quitté son  mari infidèle, la femme de Nitta l’a quitté  et Kaoru s’est enfuie de Nagasaki après avoir  perdu son compagnon de manière affreuse.

Ce roman  est un condensé de leitmotivs remarquables et chers  à Ogawa. : l l’importance de l’écriture sous toutes ses formes, le retrait du monde et sa course infernale. Les paysages sont magnifiques, une grande quiétude s’échappe de cette  jolie prose.

Le regard porté sur  la nature, sur ses sonorités, la magie des nuits, la solitude des individus  donne au récit beaucoup d’intensité. On peut être charmé par  ce type de romans  ou la description l’emporte sur  l’action.  C’est un petit bijou sur l air des « Tendres plaintes » de Jean-Philippe Rameau.

Ogawa nous offre une belle description de l’art sublimé  de fabriquer  un instrument : le clavecin. La musique est également omniprésente. Il s’agit d’un doux moment de lecture.

Traduit du japonais par rose marie Makino et yukari Kometani.

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Rédaction & Présentation: David Robert