À la suite de la publication de sa feuille de route, la Commission européenne a présenté, au début du mois de mars 2026, sa nouvelle stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes couvrant la période 2026-203019.
La Commission souligne que le renforcement de l’égalité entre les femmes et les hommes constitue non seulement un impératif en matière de droits fondamentaux, mais également un levier de croissance économique, comme cela a déjà été mentionné. Selon ses estimations, une amélioration de l’égalité de genre au sein de l’Union européenne pourrait entraîner une augmentation de 9,6 % du PIB par habitant et la création de 10,5 millions d’emplois supplémentaires d’ici 2050.
Cette stratégie vise également à contribuer d’ici 2030 à la réalisation des objectifs au niveau international : ceux du développement durable des Nations unies relatifs à l’égalité entre les sexes, la mise en œuvre renouvelée de la plateforme d’action de Pékin, ainsi que le respect des obligations découlant de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).
La stratégie s’articule autour de plusieurs principes fondamentaux, reprenant ceux de la feuille de route (roadmap principles).
Principe 1 : Garantir le droit à la sécurité et à la dignité
La Commission rappelle qu’une femme sur trois dans l’Union européenne a subi des violences fondées sur le genre au cours de sa vie. La violence domestique demeure l’une des formes les plus répandues touchant une femme sur cinq. Dans les cas les plus graves, ces violences conduisent au féminicide, qui fait en moyenne dix-huit victimes chaque semaine dans l’Union européenne. Les enfants sont également fortement touchés, qu’ils soient victimes directes ou témoins de ces violences.
Face à ce constat, la Commission insiste sur la nécessité de modifier les comportements et les représentations sociales afin de prévenir les violences fondées sur le genre, tout en soulignant l’importance de l’implication des hommes et des garçons dans cette démarche.
La Commission accompagnera les États membres dans l’adoption de la définition du viol reposant sur la notion de consentement. Dans le prolongement de sa directive de 2024 sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes, elle actualisera la cartographie des législations nationales afin d’identifier d’éventuelles mesures complémentaires, y compris législatives, permettant de garantir que toute relation sexuelle sans consentement soit qualifiée de viol dans l’ensemble de l’Union.
La mise en œuvre de la directive sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes (directive VAW) et des futurs plans d’action nationaux, attendus d’ici juin 2029, sera soutenue par des échanges de bonnes pratiques entre États membres, notamment dans le cadre du programme d’apprentissage mutuel en matière d’égalité de genre et du réseau européen pour la prévention des violences fondées sur le genre.
La Commission élaborera également des lignes directrices destinées à améliorer la prévention, la détection, les poursuites et la prise en charge des violences faites aux femmes, en collaboration avec les agences européennes compétentes, notamment Europol, Eurojust et CEPOL (European Union Agency for Law Enforcement Training).
Par ailleurs, le règlement sur les services numériques (Digital Services Act – DSA) reconnaît les violences fondées sur le genre comme un risque systémique que les très grandes plateformes et moteurs de recherche en ligne doivent identifier et réduire. La Commission utilisera les outils prévus par ce règlement afin de garantir une atténuation effective de ces risques et, si nécessaire, publiera des lignes directrices spécifiques.
Elle veillera également à la bonne application des lignes directrices de 2025 relatives à la protection des mineurs en ligne, notamment en ce qui concerne la prévention de la diffusion non consentie de contenus intimes impliquant des mineurs.
Ces mesures seront complétées par un plan d’action pour la protection des enfants contre la criminalité et par la mise en œuvre du plan d’action européen contre le cyberharcèlement, lequel met en évidence le fait que les femmes et les filles sont les principales victimes de ces violences numériques.
Sur le plan financier, la Commission poursuivra son soutien aux projets de lutte contre les violences fondées sur le genre par l’intermédiaire du volet Daphne du programme « Citoyens, égalité, droits et valeurs » (CERV), doté de 200 millions d’euros pour la période 2021-2027. Elle prévoit également de prolonger ce soutien dans le futur programme AgoraEU (2028-2034), sous réserve de l’issue des négociations budgétaires.
Enfin, elle soutiendra la prochaine enquête européenne sur les violences fondées sur le genre (2027-2028) ainsi que le renforcement de la collecte de données administratives entre 2026 et 2030.
La stratégie 2026-2030 développe et complète les objectifs de la feuille de route en les complétant avec des mesures concrètes que les Etats membres devront prendre en charge.
Principe 2 : Garantir les normes les plus élevées en matière de santé physique et mentale
La stratégie souligne que des inégalités persistent dans l’accès des femmes à la santé et aux droits sexuels et reproductifs (SRHR). L’accès à la contraception demeure inégal selon les États membres, les alternatives contraceptives masculines restent limitées et de nombreuses femmes rencontrent encore des difficultés pour accéder à des produits menstruels abordables.
La Commission relève également que plusieurs problématiques de santé spécifiquement féminines, telles que l’endométriose, le syndrome des ovaires polykystiques, la ménopause ou encore la dépression post-partum, restent insuffisamment prises en compte dans la recherche scientifique et les politiques de santé.
Afin d’y remédier, la dimension du genre continuera d’être intégrée dans les programmes européens de recherche (Horizon Europe), dans le plan européen de lutte contre le cancer ainsi que dans les politiques européennes de santé.
Une nouvelle initiative sera lancée avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) afin d’améliorer la qualité et l’accessibilité des soins destinés aux femmes, notamment celles en situation de handicap.
La Commission financera également une étude portant sur les bénéfices économiques et sociaux liés à la réduction des inégalités de santé entre les femmes et les hommes. En coopération avec l’Agence européenne des médicaments, elle examinera la possibilité d’intégrer de manière systématique une approche sensible au genre dans l’ensemble du cycle de développement des médicaments.
Enfin, la Commission entend soutenir les initiatives visant à améliorer l’accès à la contraception dans l’Union européenne. À la suite de l’initiative citoyenne européenne « My Voice My Choice », elle a rappelé que les États membres peuvent mobiliser le Fonds social européen Plus (FSE+) afin de favoriser un accès équitable à des services d’avortement sûrs, légaux et abordables. Comme nous le verrons plus loin dans le chapitre sur l’avortement, cette initiative ne constitue qu’un appui en vue de l’application des mesures dans ce domaine, mais la décision appartient aux Etats membres, seuls maitres dans ce domaine.
Principe 3 : Promouvoir l’égalité salariale, l’autonomisation économique et l’indépendance financière
Malgré les progrès accomplis, l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes demeure d’environ 11 % dans l’Union européenne.
La directive sur la transparence des rémunérations constitue l’un des principaux instruments destinés à lutter contre les discriminations salariales et la sous-évaluation des métiers à prédominance féminine. La Commission accompagnera les États membres dans sa mise en œuvre et publiera, en collaboration avec l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE), une boîte à outils consacrée à l’évaluation et à la classification non genrée des emplois.
Des financements complémentaires seront mobilisés afin de faciliter l’application de cette directive et un atelier sera organisé à destination des partenaires sociaux.
La stratégie met également l’accent sur la réduction des inégalités d’accès au financement et sur le renforcement de la culture financière des femmes, considérés comme des conditions essentielles au développement de l’entrepreneuriat féminin et à une plus grande participation des femmes aux décisions économiques.
En partenariat avec la Banque européenne d’investissement (BEI), la Commission poursuivra les initiatives destinées à améliorer l’accès des femmes entrepreneures aux financements, notamment par l’intermédiaire du Gender Finance Lab. Les futurs programmes européens, tels que le Fonds européen pour la compétitivité, pourraient également soutenir les entreprises dirigées par des femmes.
La Commission procédera par ailleurs à une évaluation de la mise en œuvre des directives relatives à l’accès aux biens et services (directive 2004/113) et au travail indépendant (directive 2010/41), afin d’identifier les raisons de leur faible utilisation.
En matière de protection sociale, elle rappelle que la recommandation du Conseil sur le revenu minimum adéquat encourage les États membres à permettre des prestations individualisées, favorisant ainsi l’autonomie économique des femmes.
La stratégie prévoit également une recommandation visant à lutter contre l’exclusion liée au logement, en portant une attention particulière aux groupes les plus vulnérables, notamment les familles monoparentales, les femmes âgées et les victimes de violences fondées sur le genre.
Enfin, la Commission entend poursuivre ses travaux sur la pauvreté menstruelle et la pauvreté liée à la ménopause. Depuis la révision de la directive TVA en 2022, les États membres peuvent appliquer un taux réduit, voire nul, aux produits d’hygiène menstruelle.
Elle s’attachera également à réduire les écarts du niveau des pensions entre les femmes et les hommes en analysant les facteurs qui les alimentent, en favorisant l’échange de bonnes pratiques entre États membres et en renforçant leur suivi.
Principe 4 : Favoriser l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée
La stratégie souligne que les inégalités entre les femmes et les hommes demeurent fortement marquées dans la répartition des responsabilités familiales et domestiques. Les femmes continuent d’assumer une part largement majoritaire des tâches ménagères et des responsabilités liées aux soins apportés aux enfants, aux personnes âgées ou aux proches dépendants. Plus du double de femmes (41%) que d’hommes (20%) dans l’UE consacrent plus de 35 heures par semaine à la garde des enfants. Cette répartition inégale constitue un obstacle majeur à leur participation au marché du travail, à leur progression professionnelle et à leur indépendance économique.
Afin de favoriser un partage plus équilibré des responsabilités familiales, la Commission poursuivra la mise en œuvre de la directive relative à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Elle accompagnera les États membres dans le développement de politiques favorisant le recours au congé de paternité, au congé parental et au congé d’aidant, tout en encourageant une plus grande implication des hommes dans les responsabilités familiales.
La Commission entend également promouvoir le développement de services d’accueil de qualité, accessibles et financièrement abordables pour les enfants ainsi que pour les personnes dépendantes. Ces mesures visent à lever les obstacles qui limitent encore la participation des femmes au marché du travail et à favoriser une meilleure conciliation entre les différentes sphères de la vie.
Principe 5 : Promouvoir une représentation équilibrée dans les processus décisionnels
La stratégie rappelle que, malgré les progrès réalisés ces dernières années, les femmes demeurent sous-représentées dans les fonctions de direction, tant dans le secteur public que dans le secteur privé. Cette situation concerne notamment les postes de direction des entreprises, les fonctions politiques, les administrations publiques ainsi que les secteurs scientifiques et technologiques.
La Commission poursuivra dès lors la mise en œuvre de la directive relative à un meilleur équilibre entre les femmes et les hommes parmi les administrateurs des sociétés cotées. Elle encouragera également les États membres à adopter des mesures destinées à accroître la présence des femmes dans les postes de décision et à promouvoir des procédures de recrutement transparentes, fondées sur le mérite et exemptes de toute discrimination.
Une attention particulière sera accordée au développement du leadership féminin ainsi qu’à la lutte contre les stéréotypes de genre qui continuent d’influencer les parcours professionnels et les processus de nomination.
Principe 6 : Intégrer l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les politiques européennes
La Commission réaffirme que l’égalité entre les femmes et les hommes constitue un objectif transversal qui doit être pris en considération dans l’ensemble des politiques de l’Union européenne. Cette approche, affirmée régulièrement dans les autres textes de l’UE, désignée sous le terme de gender mainstreaming, implique que chaque initiative législative, programme européen ou politique publique fasse l’objet d’une analyse de ses effets potentiels sur l’égalité entre les femmes et les hommes.
Afin d’assurer une mise en œuvre effective de ce principe, la Commission renforcera l’utilisation d’outils d’évaluation d’impact intégrant systématiquement la dimension de genre. Elle poursuivra également le développement de statistiques ventilées par sexe ainsi que d’indicateurs permettant de mesurer les progrès accomplis.
Cette approche sera complétée par une coopération renforcée avec les agences européennes, les États membres, les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et les institutions internationales afin de garantir une application cohérente de la stratégie dans l’ensemble des politiques européennes.
Principe 7 : Une participation active, égale et sûre à la vie publique et politique
La Commission européenne constate que les femmes demeurent sous-représentées dans les fonctions politiques et décisionnelles au sein de l’Union européenne. En effet, elles n’occupent qu’environ un tiers des sièges dans les parlements nationaux et des fonctions ministérielles de haut niveau. Cette situation s’est encore illustrée lors des élections européennes de 2024, qui ont enregistré une légère diminution de la proportion de femmes élues au Parlement européen, celle-ci étant actuellement passée en dessous de 40 %.
Au-delà de cette sous-représentation, la stratégie met en évidence les nombreuses violences auxquelles sont confrontées les femmes engagées dans la vie publique. Elles sont fréquemment la cible d’attaques portant sur leurs compétences, leur expérience ou leur légitimité, souvent alimentées par des campagnes de désinformation destinées à discréditer leur action politique et à décourager leur engagement. La cyberviolence constitue un phénomène particulièrement préoccupant puisque près d’un tiers des femmes victimes de harcèlement en ligne renoncent à utiliser les réseaux sociaux. Selon la Commission, ces violences misogynes ne portent pas uniquement atteinte aux droits fondamentaux des femmes, elles fragilisent également le fonctionnement démocratique des institutions européennes.
Afin de favoriser une représentation plus équilibrée des femmes dans la vie politique, l’Union européenne a déjà adopté plusieurs instruments. Le règlement relatif au statut et au financement des partis politiques européens et des fondations politiques européennes impose notamment la publication d’informations relatives à l’équilibre entre les femmes et les hommes au sein de leurs organes dirigeants. De son côté, la recommandation de la Commission sur des processus électoraux inclusifs et résilients encourage les partis politiques nationaux à présenter des listes de candidats plus équilibrées et à lutter contre les discours de haine fondés sur le genre visant les femmes engagées en politique.
Dans le prolongement du Bouclier européen de la démocratie, la Commission européenne présentera une recommandation consacrée à la sécurité des candidat(es) et des élu(es) ace aux menaces, tant hors ligne qu’en ligne, y compris celles résultant de campagnes de désinformation. Cette initiative sera accompagnée d’un guide de bonnes pratiques destiné à renforcer la protection des responsables politiques.
La stratégie prévoit également la possibilité de mobiliser des financements européens afin de soutenir les femmes engagées dans la vie politique, notamment dans la lutte contre la haine en ligne. Dans le cadre de la stratégie ProtectEU, la Commission insiste également sur la nécessité de former les autorités nationales à l’utilisation des instruments juridiques permettant de supprimer les contenus illicites diffusés sur internet, en particulier ceux liés à la cyberviolence fondée sur le genre.
Enfin, la Commission réalisera une étude consacrée aux réseaux numériques, aux espaces de discussion et aux discours en ligne ciblant les jeunes hommes et les garçons, afin d’analyser leurs éventuels liens avec les mouvements antidémocratiques, extrémistes ou diffusant des discours de haine.
Principe 8 : Renforcer les mécanismes institutionnels en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes
Le dernier principe de la stratégie est consacré au renforcement des mécanismes institutionnels chargés de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes, tant au sein des institutions européennes que dans les États membres.
À cette fin, l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) mettra en place, dès 2026, un service d’assistance spécialisé dans l’intégration de la dimension de genre (gender mainstreaming). Ce dispositif aura pour objectif d’accompagner les États membres dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation de leurs politiques publiques. La Commission soutiendra également les autorités nationales en renforçant leurs capacités administratives et en élaborant des lignes directrices, notamment dans le domaine de la budgétisation sensible au genre. Elle poursuivra par ailleurs son soutien à la mise en œuvre des directives européennes relatives aux organismes de promotion de l’égalité.
Au sein même de la Commission européenne, les travaux du groupe de travail sur l’égalité seront poursuivis grâce à un réseau de coordinateurs présents dans l’ensemble des directions générales, ainsi qu’au Service européen pour l’action extérieure. Des points de contact ont également été désignés dans les cabinets des commissaires afin de garantir une meilleure prise en compte de la dimension de genre dans toutes les politiques européennes.
La stratégie souligne également que le prochain cadre financier pluriannuel pour la période 2028-2034 constitue une occasion déterminante pour renforcer l’intégration de l’égalité entre les femmes et les hommes dans le budget de l’Union européenne. Le projet de règlement relatif à la performance érige d’ailleurs l’égalité de genre en principe horizontal applicable à la majorité des programmes de financement européens.
La Commission entend également renforcer le dialogue avec la société civile en augmentant sa représentation au sein du Comité consultatif pour l’égalité des chances entre les femmes et les hommes et en instituant un cadre permanent de concertation dans le cadre de la plateforme de la société civile. Le programme d’apprentissage mutuel ainsi que le groupe de haut niveau sur l’intégration de la dimension de genre continueront, quant à eux, de favoriser les échanges de bonnes pratiques et le suivi de la mise en œuvre de la stratégie.
L’égalité entre les femmes et les hommes dans l’action extérieure de l’Union européenne
La stratégie rappelle que les inégalités entre les femmes et les hommes demeurent particulièrement préoccupantes à l’échelle mondiale. Une femme sur trois a subi des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie et plus de 200 millions de femmes et de filles sont victimes de mutilations génitales féminines. Les conflits armés aggravent encore davantage les atteintes aux droits fondamentaux des femmes et des filles.
Dans ce contexte, l’Union européenne réaffirme sa volonté de faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une priorité de son action extérieure. Elle poursuivra ses efforts afin de prévenir et d’éliminer toutes les formes de violences fondées sur le genre et de contribuer à la mise en œuvre des engagements internationaux, notamment ceux issus de la Déclaration et du Programme d’action de Pékin.
La promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes constitue également un élément essentiel du processus d’élargissement de l’Union européenne. Conformément au principe des « fondamentaux d’abord » consacré par la méthodologie d’élargissement révisée en 2020, la Commission continuera d’évaluer la conformité de la législation des pays candidats et des candidats potentiels avec l’acquis de l’Union européenne en matière d’égalité entre les femmes et les hommes.
Conclusion
La stratégie européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes pour la période 2026-2030 marque une nouvelle étape dans la construction d’une Union plus inclusive et plus égalitaire. Elle fixe des objectifs ambitieux dans des domaines aussi variés que la lutte contre les violences, la santé, l’emploi, l’éducation, la participation à la vie démocratique et le renforcement des mécanismes institutionnels. Toutefois, la réalisation effective de ces objectifs dépendra largement des moyens financiers qui seront mobilisés dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034.
Cette stratégie a repris l’ensemble des mesures existantes dans les différents domaines relatifs à l’égalité. Elle a fait le constat, plus ou moins clair, en faisant référence à chaque fois à la nécessité d’entreprendre des études, que la plupart n’étaient pas appliquées ou ne l’étaient que partiellement. Il existe donc une résistance réelle dans de nombreux Etats membres à la mise en œuvre de ces mesures, soit parce qu’ils n’en ont pas fait leur priorité et qu’elles sont secondaires pour eux, soit parce que politiquement leurs choix vont à l’encontre de leur application.
La Commission européenne a proposé un budget à long terme d’environ 2 000 milliards d’euros pour cette période. Il conviendra toutefois d’attendre l’issue des négociations interinstitutionnelles afin de déterminer les ressources effectivement consacrées à la mise en œuvre de cette stratégie. À défaut d’un financement suffisant, une grande partie des actions envisagées reposera principalement sur les initiatives des États membres, avec le risque que certaines mesures soient appliquées de manière inégale, voire demeurent dépourvues d’effets concrets. Dès lors, le succès de la stratégie dépendra non seulement de l’adoption des instruments juridiques annoncés, mais également de l’engagement politique et budgétaire des États membres ainsi que de la capacité des institutions européennes à assurer un suivi rigoureux de leur mise en œuvre au moyen d’indicateurs communs et d’évaluations périodique.
Notes et références
19 COMMUNICATION FROM THE COMMISSION TO THE EUROPEAN PARLIAMENT, THE COUNCIL, THE EUROPEAN ECONOMIC AND SOCIAL COMMITTEE AND THE COMMITTEE OF THE REGIONS Gender Equality Strategy 2026-2030 {SWD(2026) 82 final}