Progression de la pandémie (10)

lundi 30 mars

Il y a quelque chose de fascinant dans ce temps suspendu. Cette non-obligation de faire les choses.

Je regarde les gens qui sont sur la place devant ma maison. Je vois beaucoup d’hommes avec des enfants. Le confinement est plus difficile pour les hommes. La maison, sphère familiale est surtout le domaine des femmes. Assurer le bien-être matériel et surtout moral est le plus souvent à la charge des femmes. Ce sont elles-aussi qui gèrent la charge émotionnelle.

Ce travail des femmes est le plus souvent mal vu ou invisible, comme le travail de nettoyage dans les hôpitaux et les lieux publics. D’un coup il est apparu d’une grande utilité, un travail qui implique de prendre un risque. Il est devenu soudain visible au grand jour. Il prend sa juste valeur et devrait être mieux apprécié dans le futur.

En ce temps de confinement, il y a aussi plus de violences conjugales. Le nombre de femmes qui subissait des violences chez elles était déjà important (estimé à 200 000, mais sans doute le nombre réel est plus élevé), il a augmenté selon les informations des services chargés de ce problème. Les femmes affectées peuvent se rendre dans les pharmacies et elles peuvent être orientées vers des services spécialisés. Il est parfois nécessaire de protéger la personne des agressions et on la met dans un hôtel(vi), faute d’autre lieu sûr. Un numéro de téléphone spécial est aussi divulgué : CORONAVIRUS – Une urgence sociale? Appelez Bruxelles-Soutien au 0800 35 243

Durant ce temps, le corps aussi est invisible. On ne « sort » plus. On néglige les apparences. On est délesté du poids du regard extérieur. Les femmes se réapproprient leur corps en se mettant plus à l’aise. Cette attitude va-t-elle produire des effets après cette crise ?

La pandémie a dévoilé la désindustrialisation des pays européens

Il faudrait rebâtir une nouvelle capacité de production propre aux pays européens (vii). Aujourd’hui c’est l’économie de l’urgence, où il est nécessaire de réquisitionner des usines pour fabriquer le matériel médical indispensable. Même le Président des Etats Unis Donald Trump a demandé à l’usine de General Motors de fabriquer des respirateurs.

Si maintenant on vit dans l’urgence pour répondre aux problèmes dramatiques du moment, il faut en tirer la leçon à plus long terme. La plupart des dirigeants se rendent compte que le domaine médical et pharmaceutique est une priorité, qui a été négligée. Il serait nécessaire non seulement de relocaliser la production, si ce n’est pas sur le territoire national, au moins sur celui d’un autre pays de l’Union européenne.

Assurer une réserve stratégique des produits pharmaceutiques et médicaux les plus nécessaires est redevenu une priorité. C’est déjà pratiqué dans le domaine alimentaire pour des produits de base, tels que les céréales. Les Etats pensent même le demander aux entreprises pharmaceutiques.

Cette pandémie nous amène à questionner la mondialisation de nos économies. Non seulement pour ce qui est de la déficience de la production dans certains domaines mais 11également parce qu’elles ont créées beaucoup d’inégalités. On le voit dans le domaine sanitaire où l’accès aux soins de santé n’est pas le même pour tous.

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