III-ON RECONFINE (4)

Vendredi 3 juillet

Dans les journaux on lit que dans une vidéo conférence le ministre Philippe de Backer (Open
VLD), chargé de l’approvisionnement en équipements de protection annonce que la Belgique
serait désormais un des pays les plus performants en matière de tests. Les masques sont
disponibles à foison et un stock stratégique est en passe d’être constitué. On apprend aussi que
la Belgique se porte candidate pour gérer le stock stratégique de masques de l’Union
européenne, dossier qu’elle défendra devant les institutions européennes lv.

Ironique, que ce soit la Belgique où on a connu une grosse pénurie de masque au début de la
pandémie, qui devienne le pays où on aura les stocks stratégiques de masques.
Pour les masques, c’est probablement vrai, mais pour les tests c’est vraiment à voir. Quand
j’entends une de mes connaissances dire qu’elle a attendu plus d’une semaine pour avoir les
résultats d’un test. D’autres disent que c’est compliqué de se faire tester, on ne peut pas dire
que c’est une performance !

Sur le marché de l’emploi

Pour les postes à pouvoir, on constate une basse importante des activités : commerce gros et
détails -33%, construction – 43%, industrie en général -50%, horeca -62%, horticulture -50%.

Au contraire, l’offre a grimpé dans les secteurs de la santé et les postes dans les maisons de
retraite. Mais les candidats semblent éviter ces emplois.

Le secteur des nouvelles technologies n’a pas souffert de la crise. Il a profité de l’explosion du
télétravail et de l’utilisation intensive du web. A Bruxelles, le top des trois métiers les plus
recherchés sont : ingénieurs, métiers de la santé et puéricultrices (teurs). En Wallonie : aideménagères, comptables et conseillers (ères) en assurances.

A Bruxelles, il y a toujours cette inadéquation entre une main-d’œuvre peu qualifiée et
abondante et les postes spécialisés proposés sur le marché.

Le problème de l’emploi ne cesse de s’aggraver avec le nombre accru de licenciements et
l’augmentation des chômeurs.

La pandémie nous a aussi rappelé combien nous sommes liés à la nature lvi. Dans son livre
Peter Wohlleben nous rappelle que les plantes réagissent positivement au toucher humain et
sont capables d’entendre. Les arbres dorment, ressentent la douleur et ont comme un cœur qui
bat. Notre tension artérielle se normalise à leur voisinage et la couleur verte nous apaise. Il
développe cette idée d’une relation bénéfique entre l’homme et la nature. Aujourd’hui, les
citadins se battent pour les arbres de leur ville, contre leur abattage et ils veulent prendre soin
des plantes et des jardins urbains. Ils ont aussi conscience qu’il faut préserver les forêts et la
nature en général.

Pendant cette période, les parcs et les forêts ont accueilli plein de monde. Ils sont devenus une
soupape contre le stress, les difficultés quotidiennes et la solitude. Les personnes ont aussi
pris conscience du changement climatique et de ses effets dramatiques. La génération
smartphone est descendue dans la rue pour défendre la lutte contre le réchauffement
climatique. Chacun essaie de faire un effort pour donner sa contribution dans sa manière de
consommer et de vivre.

On pense déjà que dans l’après covid il faudra donner une priorité à la qualité de vie, avec
plus de verdure dans les espaces publics : « Bousculés par le covid, urbanistes, sociologues,
architectes, géographes partagent le constat. Il faut transformer la crise en opportunité » dit
Pascal Smet, chargé de l’urbanisme. La ville de Bruxelles ne peut pas baser son
développement rien que sur les réunions internationales, les conférences, les congrès et les
navetteurs lvii …

La crise du covid a aussi permis de prendre des mesures pour les sans-abris. Il fallait mettre
à l’abri une population inconfinable. Les régions ont débloqué des budgets : un million d’€ en
Wallonie, distribués entre les provinces et 2,5 millions à Bruxelles. Les centres d’accueil pour
l’hiver ont ouvert leur porte, des hôtels et des bâtiments communaux ont été réquisitionnés.
Le nombre de sans-abris a augmenté et avec la distanciation le nombre de personnes a dû
diminuer dans chaque centrelviii. Le public accueilli était très majoritairement féminin, alors
que normalement c’est une population masculine. Selon un rapport du New Samusocial, c’est
la situation de crise qui a permis de déployer un cadre s’approchant de celui prévu par les
normes fixées par l’ordonnance relative à l’aide d’urgence et à l’insertion des personnes sans
abri. Il s’agit de proposer un logement digne, sur une période assez longue, pour permettre à
la personne de se stabiliser et d’entamer un travail de régularisation de sa situation. C’est le
côté positif dont a bénéficié cette population.

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